Semaine de la mer - VOIX DU NORD2
Si la mer monte bientôt jusqu'à Esquelbecq, c'est un peu à cause d'eux
mardi 13.04.2010, 05:04 - La Voix du Nord| ESQUELBECQ |
Michel Grisolet, bouquiniste « Semelles au vent » et Jacques Yvart, chanteur dunkerquois à la grande semaine, sont deux figures emblématiques de la Semaine de la Marine qui se tiendra au Village du livre du 17 au 23 avril. « On ne navigue pas l'un sans l'autre », expliquent ces mordus de lecture fondus de chanson.
PAR ESTELLE JOLIVET
dunkerque@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »
L'un vend des bouquins, l'autre écrit des chansons. On pourrait dire : « C'est l'amour des belles lettres qui les réunit ». C'est vrai. Toujours un livre à se montrer, une lecture à se conseiller, un chant à entonner ensemble quand la guitare n'est pas loin. « J'ai rencontré Jacques chez Raymond Picq, peintre de Grand-Fort-Philippe et de grand talent », se rappelle Michel Grisolet.
C'était l'époque où le bouquiniste esquelbecquois, ancien marin, ancien restaurateur, était surnommé « Frisoutte ». Les belles années 1960-1970. « J'écoutais déjà Jacques. Ses chansons m'emmenaient loin lors de mes tours du monde... » Et Jacques Yvart d'ajouter, rêveur : « Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils écoutaient mes chansons pendant leur quart... » La mer. C'est leur deuxième passion commune. Celle qu'ils célébreront bientôt ensemble, à l'occasion de la Semaine de la Marine organisée au Village du Livre.
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« Michel a été marin, au contraire de moi qui suis un contemplatif », estime Jacques Yvart, dont la carrière solo de musicien et de chanteur a pris son envol (sans prendre l'eau) en 1969 avec un premier album intitulé... Marines. Comme les tableaux. « Je suis devenu en peu de temps le chantre de la mer », lâche-t-il sans fausse modestie. Papa marin, grand-père pêcheur à Islande. Il en avait, « des références ». Au point d'avoir été classé, un peu vite à son goût, dans la catégorie « chanteur de chants de marin ». Inexact, si l'on tient, comme lui, à être précis. « Les chansons de marins traditionnelles, ce sont celles que les marins chantaient à bord, les chansons de manoeuvre, à hisser, à ramer. Moi, je chante des chansons de mer », conclut-il tout en nuances, comme un ciel qui s'embrase au-dessus de la mer du Nord. « L'univers maritime, ça a toujours fasciné les Terriens. Les voiles, l'horizon, les escales... » À bord d'un bateau, on chante, donc. Et on lit, beaucoup. Avant de se quitter, les deux amis s'échangent des pavés. De papier. Leur préféré ? Pour Michel Grisolet, ce sera La longue route, de Bernard Moitessier, navigateur au long cours « qui ne naviguait pas à contre-courant, mais avec le vent ». Pour Jacques Yvart, ce sera La Tour d'amour, de Rachilde, « l'histoire d'un gardien de phare. Dans un style éblouissant ». La mer a beaucoup à dire. Pour preuve : son écume viendra mouiller de poésie salée les pas de porte esquelbecquois dès la fin de semaine. •

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